Étrembières
La mémoire de la commune
Étrembières est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Au fil de l’histoire
Cette région a connu une occupation préhistorique révélée à Étrembières par des fouilles sur un gisement du Magdalénien supérieur aujourd'hui détruit où l'on a notamment trouvé des bâtons perforés ornés de représentations de loutres et de bouquetin - et les traces d'une importante industrie lithique ayant exploité le silex.
Ancienne présence d'un dolmen de l'époque mégalithique, détruit en 1836.
Étrembières est connue depuis l'Antiquité par la présence de la voie romaine de Genava qui, après avoir passé par les Bornes, franchissait l'Arve à Étrembières, à l'endroit où ses rives sont les plus rapprochées. Un pont en bois fut sans aucun doute construit, pour remplacer le premier moyen de communication entre les deux rives, à savoir un bac. Bien qu'il n'existe aucune mention de ce pont sous la période antique, il est néanmoins cité en 1304 dans un accord intervenant entre le comte du Genevois et le sire du Faucigny.
Du XIe au XVe siècle, Étrembières, et en particulier son pont, se trouve dans un secteur stratégique sous le contrôle du comte de Genève, mais convoité par les sires de Gex, installés à Mornex, les sires de Faucigny et les comtes de Savoie établis dans le Chablais. La population subit fréquemment les chevauchées de ces seigneurs, ou de leurs vassaux, qui luttent pour l'hégémonie, affectant gravement la vie économique et sociale de la région.
Après la Réforme calviniste à Genève, nombre de catholiques doivent s'exiler dans les villes et villages avoisinants. Étrembières est alors considéré comme un village à majorité catholique. Etrembières fait cependant partie, de 1536 à 1567, du bailliage bernois de Gaillard, avant de retourner aux États de Savoie. C'est depuis le château des Terreaux que Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie, entreprend en 1602 une action militaire à l'encontre de Genève, afin de compenser la perte de ses provinces à la suite du traité de Lyon de 1601, et par la même occasion, tenter de rendre à l'Église romaine la grande cité des Alpes.
L'expédition se soldera par un désastre militaire qui entraînera la signature du traité de Saint-Julien en 1603. Genève commémore chaque année cette victoire sous le nom de L'Escalade.
Après le traité de Turin de 1754, signé entre la République de Genève et le royaume de Sardaigne, Étrembières se retrouve sous la tutelle de la province de Carouge, et rattachée au comté de Veyrier à partir de 1770. Devenue française en 1792 à la suite de la Campagne d'Italie du général Bonaparte, elle le reste jusqu'à la signature du traité de Turin de 1816 où elle réintègre le royaume de Sardaigne. Le village de Veyrier est coupé en deux par la nouvelle frontière (Veyrier devient suisse), donnant naissance au hameau du Pas de l'Echelle (aujourd'hui partie intégrante de la commune d'Étrembières).
Le 24 mars 1860, le traité franco-sarde de cession de la Savoie à la France est signé. Bien qu'Étrembières se soit montrée favorable à son annexion à la Suisse au cours du plébiscite populaire - comme un certain nombre de communes du nord de la Savoie - elle intègre le tout nouveau département de la Haute-Savoie. C'est à partir de cette date qu'Étrembières connaît un développement important.
En 1875, les plans de la voie ferrée Annecy - Annemasse sont approuvés, et l'année suivante ce sont ceux de la voie ferrée de Collonges-sous-Salève - Annemasse. La jonction des deux tracés s'effectue à Étrembières. En 1879, une maison communale, avec son école, est construite en face de la Maison-Blanche. En 1891, c'est la création du chemin de fer à crémaillère du Salève. En 1906, une école est créée au Pas de l'Échelle et en 1922, décision est prise d'électrifier le village. En 1932, le téléphérique du Salève est inauguré et destiné à remplacer le chemin de fer à crémaillère qui cesse de fonctionner en 1935. En 1960, la commune décide de restaurer l'ancienne chapelle d'Étrembières. L'inauguration est célébrée le 9 avril 1972, alors qu'une nouvelle église a été érigée au Pas de l'Échelle le 30 avril 1967.
Les origines du nom
Les graphies ès Trembières et les Tremblières sont attestées en 1680, ainsi que aux Trembières (soit « aux taillis de trembles ») en 1682.
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Étranbîre (graphie de Conflans) ou Ètrembiéres (ORB).
Un patrimoine à découvrir
Le château d'Étrembières fut certainement construit vers la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle. En 1328, il est inféodé à une ancienne famille du genevois, les Compey. En 1539, il passe aux mains de Marin de Montchenu, puis à celles de Prosper de Genève Lulin en 1559. En 1589, il est pillé par les troupes de Genève - qui ont pénétré en Savoie - puis légué à l'hôpital d'Annecy en 1606. Aujourd'hui, il appartient à une exploitation agricole. Au XIXe siècle, Daniel Colladon procéda dans ce château aux essais d'une machine perforatrice à air comprimé qui, après avoir attaqué le Salève, fut utilisée pour le percement du tunnel du Mont-Cenis.
Le château des Terreaux ou de Châtillon, fut construit entre le XIVe et le XVe siècle, et était situé en contrebas du château d'Étrembières. Il appartenait à l'origine aux sires de Faucigny, dont il est un aleu, et relève de la châtellenie de Monthoux. Le 6 mai 1474, il est cédé à Pierre de Châtillon lors de son mariage avec Marguerite de Gerbais, fille de Galois de Gerbais, qui l'apporte en dot. Sans descendance, la place forte des Terreaux passe en 1530 entre les mains de Marius d'Arenthon, seigneur d'Alex.
Son dernier propriétaire, Pierre-Claude de la Fléchère, né dans ce château en 1722, seigneur de Châtillon, de Symond et de Sierne, devient Comte de Veyrier en 1770. Il abandonne dès lors les Terreaux - qui tombe progressivement en ruines - et se fait construire une nouvelle demeure dans son nouveau fief.
Le paysage et le village
Le territoire d'Étrembières est une bande de terre, longue de 8 km, située au pied du mont Salève, sur les bords de l'Arve. Sa population est de 2 624 habitants (en 2022), répartie principalement entre le chef-lieu et le lieu-dit Pas de l'Échelle. Deux des trois massifs du mont Salève, qui dominent tout le territoire de la commune, surgissent en falaise escarpée à l'ouest pour s'incliner en pentes douces vers la vallée de l'Arve. Il s'agit du grand Salève (1 309 m) et du petit Salève (899 m), séparés par le col de Monnetier.
La commune d'Étrembières est la toute première commune d'Europe à accueillir un dispositif de double-radars de vitesse installé sur un passage à niveau. Celui-ci a été installé sur la route du Salève.
